Salon des Littératures Maudites : 10-11 et 12 septembre à Charleville-Mézières ( médiathèque Voyelles)

Salon des Littératures Maudites : 10-11 et 12 septembre à Charleville-Mézières ( médiathèque Voyelles)

« Après H.P. Lovecraft, Jacques Bergier, Arthur Conan Doyle et Edgar Allan Poe, place aux vampires ! L’ombre de Bram Stoker va planer sur cette cinquième édition du Salon des Littératures Maudites prenant le parti d’explorer le mythe du vampire en commençant bien entendu par le plus fameux d’entre eux : le Comte Dracula. Qui était-il ? De quel folklore est-il issu ? Comment s’est-il à ce point imposé comme le symbole du vampirisme dans les différentes formes de culture populaire (littérature, cinéma et autres…). Plusieurs conférences viendront répondre à ces interrogations tandis qu’une exposition et un conteur aideront à imprégner la manifestation d’une atmosphère digne des classiques du cinéma gothique lui-même largement abordé. Enfin, jeux de rôle, cinéma et sélections de livres traitant des vampires et du vampirisme viendront compléter ce Salon du renouveau.

Bien entendu et comme à l’accoutumée, des sujets divers et variés mais toujours «marginaux » seront abordés pour offrir une petite variété du vaste éventail de thèmes recouverts par les littératures maudites : l’alchimie et ses mystères, la légende noire de Gilles de Rais, les relations orageuses entre la littérature érotique et la censure, le giallo (forme de thriller érotico-psychédélique venu d’Italie), l’après-vie ou encore les rumeurs sulfureuses entourant certains groupes de rock. « 

Je serai présente à ce Salon inauguré par Philippe Marlin, éditeur de L’œil du Sphinx et président d’une association visant à célébrer l’imaginaire : l’O.D.S dont je fais aussi partie.

www.mediatheque.ardenne-metropole.fr

« Le végétal est un être humain comme les autres »

« Le végétal est un être humain comme les autres »

Anthologie Étranges floraisons, Beaune, éditions La Clef d’Argent, septembre 2020, 173 pages, 13 E.

( Couverture : Léo Gontier)

Préface , « Le végétal est un être humain comme les autres » par Jean-Guillaume Lanuque.

La préface donne l’intention de ce recueil : permettre aux auteurs ( Philippe Gontier, Pierre Brulhet, Céline Maltère, François Fierobe, Jérôme Sorre, Patrick Mallet, Stéphane Mouret, Laurent Mantese et Jean-Pierre Favard) d’exprimer une anthropologie de l’imaginaire du végétal. Mais également une sensibilité à ce que l’on nomme aujourd’hui les « STS », les sciences, techniques et société(s). Depuis les années 70, beaucoup d’auteurs dont Jean- Pierre Andrevon avaient manifesté leurs convictions écologiques. Aujourd’hui, comme l’explique Jean-Guillaume Lanuque, « (l)a prise de conscience des bouleversements climatiques (…)a entraîné des remises en cause de tous ordres, y compris sur le plan métaphysique…»

Par conséquent, le non spécisme ne concerne plus seulement le règne animal, mais également le règne végétal. Ce n »est pas fortuit si dans sa dernière édition, le dictionnaire Robert a intégré les termes « spécisme » et « antispécisme », reconnaissant la démocratisation du terme.

Spécisme: n. m. du latin species (espèce) et d’après racisme et l’anglais speciesism (1970). Didact. Idéologie qui postule une hiérarchie entre les espèces. Spécialt. La supériorité de l’être humain sur les animaux. « la lutte contre le spécisme, c’est l’extension du principe d’égalité au monde animal  » (Le Matin, 2015). Par ext. Mauvais traitement, exploitation des animaux. Contr. Antispécisme

Dans cette anthologie, chaque auteur montre la porosité entre les règnes ou plus exactement la co-évolution plus ou moins horrible entre mutualisme, parasitisme et symbiose.

Par exemple, on a l’illustration du commensalisme dans la nouvelle « Sexburge » de Céline Maltère : Boragine, l’épouse du scientifique botaniste Héliotrope fournit quelques fleurs rares pour son époux, en signe d’amour.

Le mutualisme voire la symbiose entre l’homme et l’arbre-totem est racontée dans la nouvelle de Pierre Brulhet, écrivain marqué par sa jeunesse passée en Afrique.

Toutefois, les relations entre êtres humains et végétaux sont montrées aussi dans leur antagonisme, comme dans la nouvelle « Canopée » aux échos de science-fiction voire de parasitisme comme dans « L’homme qui se prenait pour un arbre ».

La symbiose reste toujours étrange comme semble nous le suggérer Philippe Gontier avec sa « short story » délicieusement hitchcockienne où les « roses de la serre » deviennent des adjuvantes de la police , « exha(ant) un parfum de charogne » pour démasquer l’assassin.

En tout cas, un bouquet révélateur des interrogations de la société dans ses rapports au monde et au vivant. Et une remise en question du promothéisme scientifique et technique.

On appréciera aussi la qualité des illustrateurs : Philippe & Léo Gontier, Sioxara, Audrey Faury, Okiko, Inès Cherraben, Ferdinand Springer)

Contribution à la Revue CALIBAN : collapsologie et scénario du futur.

Contribution à la Revue CALIBAN : collapsologie et scénario du futur.

La Revue Caliban n°63 consacre sa réflexion à la collapsologie.

Ci-dessous le résumé de cette publication.

Tandis que se développe une fiction d’anticipation centrée sur les effets du changement climatique (communément appelée climate fiction ou cli-fi dans le monde anglophone), de plus en plus de voix s’élèvent, dans la communauté scientifique, non plus pour prévenir une lointaine apocalypse, mais pour constater un effondrement (du climat, de la biodiversité, des ressources énergétiques et, partant, de la civilisation thermo-industrielle) déjà en cours. Le propos de ce recueil est d’accomplir une partie de l’étude technique et anthropologique de ce contexte que proposent les collapsologues, mais en se concentrant spécifiquement sur son impact sur le fantastique, la fantasy et la science-fiction. Il s’agit d’étudier des œuvres récentes qui ont pu être influencées par le contexte d’effondrement en cours, et de relire des œuvres plus anciennes à la lumière du nouveau contexte, d’analyses développées dans une perspective collapsologique, ou d’une réflexion sur la notion d’effondrement.

J’ai l’honneur d’avoir ma nouvelle, « Dans le puits » éditée dans cet ouvrage.

INTERVIEW HYRTIS et son JEU de TAROTS

INTERVIEW HYRTIS et son JEU de TAROTS

1/  Peux-tu nous parler de toi, de ton parcours ? Depuis quand t’intéresses – tu aux tarots ?

J’ai suivi un cursus de cinq ans à l’ESAD de Reims où j’ai obtenu deux diplômes. Mon intérêt pour le Tarot remonte à la fin de l’enfance. À une époque, mes parents recevaient parfois des amis passionnés par le Tarot et je me souviens de ces instants que j’observais de loin, aussi discrètement qu’intensément. Je me souviens du Tarot de Marseille, de l’Oracle de Belline et du Tarot de Indira. Les cartes… ces mystérieux dessins, semblaient émettre des informations venues d’une énergie supérieure. La possibilité d’y avoir accès me fascinait. L’admiration pour ces personnes capables de transmettre ces informations en décryptant des combinaisons de dessins, m’avait poussée à créer mon propre Tarot « Le Tarot de la Pythie ». Mais sans les connaissances suffisantes, sans personne pour me guider dans d’utiles recherches, j’avançais au jour le jour, portée par mes envies, commençant tout, n’achevant rien, fonçant partout… pour aller nulle part. J’avais fini par me lasser. Jamais je n’aurais pensé revenir sur cette aventure, des années plus tard, pour aboutir à ce résultat concret.

2/ Quel a été le déclic ? Tes études artistiques ?

Le déclic fut un commentaire sur un dessin que j’avais partagé sur les réseaux sociaux. Pour l’auteur de ce commentaire, mes dessins se rapprochaient de certains Tarots d’un point de vue esthétique. Ce commentaire réveilla mes souvenirs, j’ai finalement repris l’aventure où je l’avais laissée de nombreuses années plus tôt. Mes études artistiques ne m’ont pas aidée pour la réalisation de ce Tarot d’un point de vue technique. (Après ces études, j’ai même mis des années à me réconcilier avec ma propre nature : celle d’artiste orientée vers le dessin figuratif et l’illustration). Mais du point de vue de la démarche et de la réflexion, elles m’ont permis d’acquérir une méthodologie essentielle pour mener à bien un tel projet. Ces études m’ont appris à définir le but d’un projet, à structurer les idées afin de choisir les meilleures directions : celles dont je peux entièrement assumer les choix.

3/ Qu’est ce que le tarot représente pour toi ?

Au départ, j’étais totalement étrangère au Tarot. J’ai été amenée vers lui à un moment où, lassée de routine, j’avais un réel besoin de partir vers l’inconnu. Maintenant, il représente un formidable outil conçu pour nous fournir des indices capables de nous amener à résoudre les mystères de nos vies. Il tend souvent à être connu en tant qu’outil de prédiction de l’avenir. Cette approche est généralement utilisée lorsque le sujet se sent démuni et inquiet face à une situation future qu’il ne peut contrôler… (tout en espérant lire dans les cartes, le dénouement le plus avantageux pour lui). Mais limiter le Tarot à ce seul emplois, serait occulter une grande partie de ses possibilités. Personnellement, je préfère l’approche psychologique basée sur le présent et les problématiques intérieures du sujet. Le Tarot, par cette approche, tend à guérir le présent pour mieux préparer le futur. 

4/ Est-ce que tu tires les cartes ? 5/ Et si oui, est- ce que cela t’est utile pour ta vie personnelle et professionnelle ?

Si ce projet m’a poussée à étudier et à comprendre le Tarot plus en profondeur, je ne tire pas les cartes. Si je peux sans problème endosser la responsabilité de créer un projet artistique, je ne peux assumer celle de guider l’autre sur son parcours de vie. La responsabilité me semble trop grande, je ne me sens pas suffisamment expérimentée. En revanche, lorsque dans ma vie professionnelle, je dois faire face à une situation troublant ma sérénité, il m’arrive d’utiliser les cartes. Grâce à cette méthode, je projette dans l’univers la meilleure version possible de cette situation inquiétante. Ainsi, je choisis de disposer quatre cartes dont le message m’évoque sa propre notion de la réussite. Par exemple, si la situation s’accompagne d’un voyage (pour ma part, les voyages sont plutôt source d’inquiétude), je choisis le Chariot et ce voyage se déroule toujours à merveille (avec parfois d’agréables surprises). 

6/ Quelle a été ta méthode, ta démarche créative pour dessiner ce jeu ?

Au commencement, je ne souhaitais traiter que les arcanes majeurs. L’idée de départ était de créer une oeuvre artistique en série, basée sur la ré-appropriation du Tarot. Le but était moins de proposer un jeu de cartes que de monter une exposition à faire tourner dans différents lieux de culture.

Mon père m’a confié son Tarot de Marseille (qui était rangé au fond d’un tiroir depuis la période où j’avais cessé de m’occuper de mon « Tarot de la Pythie »). J’ai isolé les cartes majeures pour les rassembler en tas. Après les avoir mélangé, j’ai tiré une première carte au hasard : « La Mort ». J’ai donc étudié la symbolique et le sens profond de cette carte afin de transposer l’assimilation de ces recherches dans mon univers, créant une sorte de « brassage culturel ». L’illustration terminée, je reposais la carte de référence à un autre endroit et tirait la suivante pour renouveler la même démarche. À l’origine du projet, il est important de le rappeler, je partais à l’aventure, à la découverte d’un monde inconnu. J’ai donc appris à connaître le Tarot tout en créant le mien, au point de voir ce projet prendre la forme d’une réelle exploration culturelle et personnelle. Le Tarot m’ouvrait plus chaque jour les portes de ses richesses. Consciente de ce changement, je décidai finalement de traiter aussi les arcanes mineurs. 

Pour ce tarot comme pour le cas d’autres illustrations, je procède toujours de la manière suivante : Je rassemble et assimile les informations. De ce puzzle naît une composition visuelle habitée par le personnage central au regard intense et pénétrant. Lorsque je mets en scène un humain, je commence toujours par donner vie au regard. Tout le reste émane de ce point. En théorie, je ne laisse rien au hasard, tout doit être justifié. En pratique, d’étranges visions apparaissent toujours, troublant cet ordre établi et m’obsédant jusqu’à ce que je leur donne vie. Essayant de comprendre les raisons de leur apparition, je finis par trouver un lien solide entre le sens de la carte de référence et ces « visions magiques ».

7/ As- tu eu des modèles, des sources ?

J’ai puisé mon inspiration dans les écrits concernant le Tarot de Marseille et celui de Rider Waite Smith. À ce sujet, j’ai beaucoup échangé avec Laurent Edouard, un tarologue renommé et collectionneur de jeux de tarots. La référence au Tarot de Rider Waite Smith est un peu moins présente mais je tenais à le mentionner pour son côté plus universel accueillant une plus grande variété d’activités spirituelles que ne le fait le Tarot de type Marseillais. Ensuite, j’ai été très attirée par l’imagerie alchimique. La géométrie sacrée, assez discrète, est aussi présente dans ce jeu car je crois en son pouvoir protecteur. Ainsi, le dos des cartes propose un enchainement de motifs répondant aux proportions de la géométrie sacrée, quant au format des cartes il répond aux dimensions du nombre d’Or.

Le thème de l’androgynie est ancré en moi depuis toujours et je suis fascinée par les drag queens depuis ma prime enfance : à quatre ans, j’ai vu un jeune homme qui, pour animer une fête dans un club de vacances, s’est métamorphosé en reine d’Egypte… Il était sublime. La vision de drags queens un peu plus tard dans mon adolescence, m’a replongée dans cet état de fascination. J’ai donc vu dans le Tarot, le sol idéal pour enraciner une création autour du thème de l’androgynie, en l’éclairant des lumières chatoyantes d’un cabaret glamour peuplé de drag queens raffinés. Visuellement, les références à la période Art Déco sont assez récurrentes : depuis l’enfance encore, j’ai toujours rêvé d’incarner cette période, d’une manière ou d’une autre. Lors de la toute première version de ce Tarot, j’avais pris modèle sur une personne réelle mais j’ai finalement abandonné cette idée : le public s’approprie bien plus aisément un personnage de fiction qu’une personne réelle ayant déjà son propre vécu. Il me fallait donc inventer un personnage suffisamment convainquant et consistant. Prendre modèle sur mon propre visage et me mettre en scène sur au moins cinquante-deux cartes, ne m’enchantait pas outre mesure (je ne suis pas suffisamment narcissique pour entamer une telle entreprise). David Bowie eût été la personne toute désignée pour habiter ce jeu : très androgyne, il fait également partie de mes plus importantes sources d’inspiration. Mais de nombreux tarots autour de David Bowie existent déjà… or, je voulais créer un tarot inédit avec un personnage imaginaire. Le visage de Calixte est donc né de la fusion de nos deux visages. David Bowie m’a toujours apaisée dans les pires moments au delà de cela, il représente un parfait exemple de l’humain ayant incarné avec succès toutes les phases du Tarot. Grâce à la force de son esprit brillant il a, à mon sens, dompté ses différents « Moi », une réussite exprimée par son œuvre immense (oeuvre rayonnant de son visage iconique aujourd’hui et pour les siècles à venir). 

8/ Quelles sont tes techniques ?

Je débute au crayon de papier (pointe H) pour tracer le crayonné. Je commence par placer le personnage et son regard. Ensuite, je peux disposer les autres éléments mais l’essentiel est de débuter la page vierge avec l’intention du personnage central. Ensuite j’encre à la pointe calibrée (00;3, 00,5 et 0,1). Enfin, la mise en couleur se fait à l’aide de crayons de couleur Fabercastell dans la gamme Polychromos.

9/ Ta définition de «  symboles et analogies » pour ce blog…

L’analogie est un phénomène produit par l’esprit, amenant le sujet à reconnaitre une similitude entre deux éléments qu’il finit par associer l’un à l’autre. Le symbole, qu’il soit un objet ou une action, un dessin figuratif ou un signe graphique, il est aisément identifiable, et évoque immédiatement à l’ensemble d’une civilisation, le concept abstrait et supérieur qu’il désigne. Le symbole permet à l’esprit humain d’accéder à ce qui le transcende au moyen de l’expression d’une forme qui, elle, lui est familière.

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