Contribution à la Revue CALIBAN : collapsologie et scénario du futur.

Contribution à la Revue CALIBAN : collapsologie et scénario du futur.

La Revue Caliban n°63 consacre sa réflexion à la collapsologie.

Ci-dessous le résumé de cette publication.

Tandis que se développe une fiction d’anticipation centrée sur les effets du changement climatique (communément appelée climate fiction ou cli-fi dans le monde anglophone), de plus en plus de voix s’élèvent, dans la communauté scientifique, non plus pour prévenir une lointaine apocalypse, mais pour constater un effondrement (du climat, de la biodiversité, des ressources énergétiques et, partant, de la civilisation thermo-industrielle) déjà en cours. Le propos de ce recueil est d’accomplir une partie de l’étude technique et anthropologique de ce contexte que proposent les collapsologues, mais en se concentrant spécifiquement sur son impact sur le fantastique, la fantasy et la science-fiction. Il s’agit d’étudier des œuvres récentes qui ont pu être influencées par le contexte d’effondrement en cours, et de relire des œuvres plus anciennes à la lumière du nouveau contexte, d’analyses développées dans une perspective collapsologique, ou d’une réflexion sur la notion d’effondrement.

J’ai l’honneur d’avoir ma nouvelle, « Dans le puits » éditée dans cet ouvrage.

INTERVIEW HYRTIS et son JEU de TAROTS

INTERVIEW HYRTIS et son JEU de TAROTS

1/  Peux-tu nous parler de toi, de ton parcours ? Depuis quand t’intéresses – tu aux tarots ?

J’ai suivi un cursus de cinq ans à l’ESAD de Reims où j’ai obtenu deux diplômes. Mon intérêt pour le Tarot remonte à la fin de l’enfance. À une époque, mes parents recevaient parfois des amis passionnés par le Tarot et je me souviens de ces instants que j’observais de loin, aussi discrètement qu’intensément. Je me souviens du Tarot de Marseille, de l’Oracle de Belline et du Tarot de Indira. Les cartes… ces mystérieux dessins, semblaient émettre des informations venues d’une énergie supérieure. La possibilité d’y avoir accès me fascinait. L’admiration pour ces personnes capables de transmettre ces informations en décryptant des combinaisons de dessins, m’avait poussée à créer mon propre Tarot « Le Tarot de la Pythie ». Mais sans les connaissances suffisantes, sans personne pour me guider dans d’utiles recherches, j’avançais au jour le jour, portée par mes envies, commençant tout, n’achevant rien, fonçant partout… pour aller nulle part. J’avais fini par me lasser. Jamais je n’aurais pensé revenir sur cette aventure, des années plus tard, pour aboutir à ce résultat concret.

2/ Quel a été le déclic ? Tes études artistiques ?

Le déclic fut un commentaire sur un dessin que j’avais partagé sur les réseaux sociaux. Pour l’auteur de ce commentaire, mes dessins se rapprochaient de certains Tarots d’un point de vue esthétique. Ce commentaire réveilla mes souvenirs, j’ai finalement repris l’aventure où je l’avais laissée de nombreuses années plus tôt. Mes études artistiques ne m’ont pas aidée pour la réalisation de ce Tarot d’un point de vue technique. (Après ces études, j’ai même mis des années à me réconcilier avec ma propre nature : celle d’artiste orientée vers le dessin figuratif et l’illustration). Mais du point de vue de la démarche et de la réflexion, elles m’ont permis d’acquérir une méthodologie essentielle pour mener à bien un tel projet. Ces études m’ont appris à définir le but d’un projet, à structurer les idées afin de choisir les meilleures directions : celles dont je peux entièrement assumer les choix.

3/ Qu’est ce que le tarot représente pour toi ?

Au départ, j’étais totalement étrangère au Tarot. J’ai été amenée vers lui à un moment où, lassée de routine, j’avais un réel besoin de partir vers l’inconnu. Maintenant, il représente un formidable outil conçu pour nous fournir des indices capables de nous amener à résoudre les mystères de nos vies. Il tend souvent à être connu en tant qu’outil de prédiction de l’avenir. Cette approche est généralement utilisée lorsque le sujet se sent démuni et inquiet face à une situation future qu’il ne peut contrôler… (tout en espérant lire dans les cartes, le dénouement le plus avantageux pour lui). Mais limiter le Tarot à ce seul emplois, serait occulter une grande partie de ses possibilités. Personnellement, je préfère l’approche psychologique basée sur le présent et les problématiques intérieures du sujet. Le Tarot, par cette approche, tend à guérir le présent pour mieux préparer le futur. 

4/ Est-ce que tu tires les cartes ? 5/ Et si oui, est- ce que cela t’est utile pour ta vie personnelle et professionnelle ?

Si ce projet m’a poussée à étudier et à comprendre le Tarot plus en profondeur, je ne tire pas les cartes. Si je peux sans problème endosser la responsabilité de créer un projet artistique, je ne peux assumer celle de guider l’autre sur son parcours de vie. La responsabilité me semble trop grande, je ne me sens pas suffisamment expérimentée. En revanche, lorsque dans ma vie professionnelle, je dois faire face à une situation troublant ma sérénité, il m’arrive d’utiliser les cartes. Grâce à cette méthode, je projette dans l’univers la meilleure version possible de cette situation inquiétante. Ainsi, je choisis de disposer quatre cartes dont le message m’évoque sa propre notion de la réussite. Par exemple, si la situation s’accompagne d’un voyage (pour ma part, les voyages sont plutôt source d’inquiétude), je choisis le Chariot et ce voyage se déroule toujours à merveille (avec parfois d’agréables surprises). 

6/ Quelle a été ta méthode, ta démarche créative pour dessiner ce jeu ?

Au commencement, je ne souhaitais traiter que les arcanes majeurs. L’idée de départ était de créer une oeuvre artistique en série, basée sur la ré-appropriation du Tarot. Le but était moins de proposer un jeu de cartes que de monter une exposition à faire tourner dans différents lieux de culture.

Mon père m’a confié son Tarot de Marseille (qui était rangé au fond d’un tiroir depuis la période où j’avais cessé de m’occuper de mon « Tarot de la Pythie »). J’ai isolé les cartes majeures pour les rassembler en tas. Après les avoir mélangé, j’ai tiré une première carte au hasard : « La Mort ». J’ai donc étudié la symbolique et le sens profond de cette carte afin de transposer l’assimilation de ces recherches dans mon univers, créant une sorte de « brassage culturel ». L’illustration terminée, je reposais la carte de référence à un autre endroit et tirait la suivante pour renouveler la même démarche. À l’origine du projet, il est important de le rappeler, je partais à l’aventure, à la découverte d’un monde inconnu. J’ai donc appris à connaître le Tarot tout en créant le mien, au point de voir ce projet prendre la forme d’une réelle exploration culturelle et personnelle. Le Tarot m’ouvrait plus chaque jour les portes de ses richesses. Consciente de ce changement, je décidai finalement de traiter aussi les arcanes mineurs. 

Pour ce tarot comme pour le cas d’autres illustrations, je procède toujours de la manière suivante : Je rassemble et assimile les informations. De ce puzzle naît une composition visuelle habitée par le personnage central au regard intense et pénétrant. Lorsque je mets en scène un humain, je commence toujours par donner vie au regard. Tout le reste émane de ce point. En théorie, je ne laisse rien au hasard, tout doit être justifié. En pratique, d’étranges visions apparaissent toujours, troublant cet ordre établi et m’obsédant jusqu’à ce que je leur donne vie. Essayant de comprendre les raisons de leur apparition, je finis par trouver un lien solide entre le sens de la carte de référence et ces « visions magiques ».

7/ As- tu eu des modèles, des sources ?

J’ai puisé mon inspiration dans les écrits concernant le Tarot de Marseille et celui de Rider Waite Smith. À ce sujet, j’ai beaucoup échangé avec Laurent Edouard, un tarologue renommé et collectionneur de jeux de tarots. La référence au Tarot de Rider Waite Smith est un peu moins présente mais je tenais à le mentionner pour son côté plus universel accueillant une plus grande variété d’activités spirituelles que ne le fait le Tarot de type Marseillais. Ensuite, j’ai été très attirée par l’imagerie alchimique. La géométrie sacrée, assez discrète, est aussi présente dans ce jeu car je crois en son pouvoir protecteur. Ainsi, le dos des cartes propose un enchainement de motifs répondant aux proportions de la géométrie sacrée, quant au format des cartes il répond aux dimensions du nombre d’Or.

Le thème de l’androgynie est ancré en moi depuis toujours et je suis fascinée par les drag queens depuis ma prime enfance : à quatre ans, j’ai vu un jeune homme qui, pour animer une fête dans un club de vacances, s’est métamorphosé en reine d’Egypte… Il était sublime. La vision de drags queens un peu plus tard dans mon adolescence, m’a replongée dans cet état de fascination. J’ai donc vu dans le Tarot, le sol idéal pour enraciner une création autour du thème de l’androgynie, en l’éclairant des lumières chatoyantes d’un cabaret glamour peuplé de drag queens raffinés. Visuellement, les références à la période Art Déco sont assez récurrentes : depuis l’enfance encore, j’ai toujours rêvé d’incarner cette période, d’une manière ou d’une autre. Lors de la toute première version de ce Tarot, j’avais pris modèle sur une personne réelle mais j’ai finalement abandonné cette idée : le public s’approprie bien plus aisément un personnage de fiction qu’une personne réelle ayant déjà son propre vécu. Il me fallait donc inventer un personnage suffisamment convainquant et consistant. Prendre modèle sur mon propre visage et me mettre en scène sur au moins cinquante-deux cartes, ne m’enchantait pas outre mesure (je ne suis pas suffisamment narcissique pour entamer une telle entreprise). David Bowie eût été la personne toute désignée pour habiter ce jeu : très androgyne, il fait également partie de mes plus importantes sources d’inspiration. Mais de nombreux tarots autour de David Bowie existent déjà… or, je voulais créer un tarot inédit avec un personnage imaginaire. Le visage de Calixte est donc né de la fusion de nos deux visages. David Bowie m’a toujours apaisée dans les pires moments au delà de cela, il représente un parfait exemple de l’humain ayant incarné avec succès toutes les phases du Tarot. Grâce à la force de son esprit brillant il a, à mon sens, dompté ses différents « Moi », une réussite exprimée par son œuvre immense (oeuvre rayonnant de son visage iconique aujourd’hui et pour les siècles à venir). 

8/ Quelles sont tes techniques ?

Je débute au crayon de papier (pointe H) pour tracer le crayonné. Je commence par placer le personnage et son regard. Ensuite, je peux disposer les autres éléments mais l’essentiel est de débuter la page vierge avec l’intention du personnage central. Ensuite j’encre à la pointe calibrée (00;3, 00,5 et 0,1). Enfin, la mise en couleur se fait à l’aide de crayons de couleur Fabercastell dans la gamme Polychromos.

9/ Ta définition de «  symboles et analogies » pour ce blog…

L’analogie est un phénomène produit par l’esprit, amenant le sujet à reconnaitre une similitude entre deux éléments qu’il finit par associer l’un à l’autre. Le symbole, qu’il soit un objet ou une action, un dessin figuratif ou un signe graphique, il est aisément identifiable, et évoque immédiatement à l’ensemble d’une civilisation, le concept abstrait et supérieur qu’il désigne. Le symbole permet à l’esprit humain d’accéder à ce qui le transcende au moyen de l’expression d’une forme qui, elle, lui est familière.

Chirurgie et psychiatrie : matière romanesque.

Chirurgie et psychiatrie : matière romanesque.

Jack l’Eventreur : naturaliste ou chirurgien ?

Par Sophie Herfort

J’ai demandé à mon amie auteure Sophie Herfort, spécialiste de Jack l’Eventreur de nous parler de lui… Un détour par la littérature pour interroger notre représentation de la médecine, et en particulier de la chirurgie.

Le mode opératoire

            Si Jack L’Eventreur présente un mode opératoire proche des docteurs et autres chirurgiens de son époque, ce personnage sombre de l’histoire victorienne n’existe qu’à travers l’observation consciencieuse de ses exactions. Son travail de récupération d’organes consistait à inciser ses victimes du sternum ou pubis et ne pouvait refléter qu’une certaine maîtrise des connaissances anatomiques qui rappelle la pratique post-mortem des médecins légistes ou plus exactement le geste sûr du naturaliste. Mon suspect, un certain Melville Macnaghten était un ancien exploitant en thé, officiant en Inde pendant douze ans à Kishnaghur dans une province agricole de Calcutta en Inde où dans sa jeunesse son père Elliot Macnaghten, directeur de la Compagnie des Indes, lui apprit l’art de chasser dans les plaines du Bengale mais aussi l’art de naturaliser ses gibiers et dans ce cas précis, le mode d’incision reste très proche des techniques d’ouverture post-mortem (sternum au pubis).

Cette piste allait m’orienter vers cette pratique des organes prélevés, assimilés à des trophées de chasseur. Il devenait dès lors évident que pour moi, Jack l’Eventreur n’était pas médecin mais bien plutôt un chasseur naturaliste.

Le trophée

         Le trophée chez un tueur en série reste la forme de suprématie, de pouvoir extrême, de contrôle absolu qu’un individu pervers, voire psychopathe peut établir sur sa victime. L’acte de cannibalisme constituant là son forfait démentiel le plus abouti en termes de perversion mais là encore, rien ne prouve que ce fut le cas. Ces trophées n’étant là que pour ressusciter sa phase de folie meurtrière pour cet assassin désireux de revivre ses excitations à répétition, les étapes de son meurtre, pour atteindre enfin l’ultime jouissance à travers les organes prélevés sur ces malheureuses victimes et prostituées de l’East-End. Le rein prélevé chez Catherine Eddowes ou bien le cœur chez Marie Jane Kelly sont autant d’actes attestant chez l’assassin de sa volonté de garder le pouvoir sur ses victimes ; il a trouvé par ce biais-là un moyen de nier leur féminité, leur humanité en défigurant celles-ci comme ce fut le cas, même partiellement pour Catherine Eddowes la quatrième victime qui eut le nez arraché ou intégralement chez Mary-Jane Kelly, la petite dernière, la benjamine dite « Ginger » en raison de ses cheveux blond vénitien et puis suivrait l’acte le plus inimaginable commis sur un être humain : le retrait des organes intimes. La forme la plus déviante de cruauté et d’atteinte envers les femmes. L’assassin irait jusqu’à découper le ventre, la poitrine ou les organes génitaux de ses victimes et ainsi opérer des prélèvements. Il lui fallait trouver son trophée d’un soir dans les bas-fonds de l’atelier du monde : Londres.

Lors d’une visite à Garches…

C’est en 2007, lors d’une visite à la morgue de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches et d’une invitation à assister à une séance de dissection, menée par le Docteur Caroline Rambaud que tout est devenu clair pour moi. L’assassin possédait des compétences chirurgicales mais surtout celles d’un naturaliste, connaissant la disposition des organes avec brio. Je m’étais donc déplacée à la morgue de cet hôpital pour une chose et une seule : tenter de comprendre comment Jack l’Eventreur avait-il pu ôter le cœur de Mary-Jane Kelly, la cinquième et dernière victime de la série, sans casser les côtes du gril costal qui étaient restées intactes.

La réponse me fut clairement avancée par le docteur Rambaud, médecin légiste de l’hôpital de Garches. L’assassin est passé par la matrice (utérus), remontant par le diaphragme pour atteindre par-dessous le cœur et pouvoir l’en extraire sans casser une côte, en suivant le même chemin inverse. Seul un homme expérimenté aux pratiques anatomiques pouvait se montrer capable de tels actes. Le suspect désigné par mes soins, ayant sévi à l’automne de la Terreur en 1888 dans l’East end londonien ne pouvait être que cet homme au passé trouble, ayant subi une éviction des services de Scotland Yard, trois jours avant les meurtres, haïssant plus que tout l’homme responsable de son refus de candidature : le préfet Sir Charles Warren, à la tête de Scotland Yard mais surtout mon suspect avait des motifs plus impérieux.

Dans son journal intime Days of my years, Sir Melville Macnaghten n’a-t-il pas traité les prostituées de « plus bas déchets de l’humanité « ? L’homme de l’Automne de la Terreur qui du 31 août  au 9 novembre de l’année 1888 avec son allure ordinaire et son visage rassurant cachait en lui-même tant de monstruosité en lui qu’il fut difficile d’entrevoir l’implication d’un « honnête » gentleman dont le crime fut de percevoir avec un rejet significatif les formes les plus décadentes du commerce sexuel avant de passer à l’acte et d’assouvir d’horribles fantasmes victoriens fort répandus à une époque où dans ces quartiers, une femme sur deux se prostitue et où un homme sur deux méprise ouvertement ces « travailleuses du soir ». « Jack l’Eventreur » était sur toutes les lèvres mais aussi dans toutes les consciences dites « bienveillantes » de la Rule Britannia, à la fois hypocrite et inhumaine. Qu’il ait rejoint les services de Scotland Yard pour y exercer dès 1889 en qualité d’ex-chasseur naturaliste n’étonnera donc personne. Son vice, consistant à détester les femmes de petite vertu, était le propre de plus d’un victorien mais lui seul, a plongé une ville entière dans l’horreur.

Tel fut le comble de l’indécence. Que chacun fut capable d’être à son image mais que la morale constitue le socle dur, le frein au passage à l’acte. Ce misérable n’incarnait qu’une forme déviante bien répandue dans l’esprit du gentleman « bien » sous tous rapports.

Photo de Karim Manjra

Lumière(s )! Chroma sans trauma.

Lumières par Jean Audouze, Costel Subran, Michel Menu, préface de Gérard Mourou, Paris, éditions EDP sciences, 2020.

Biographies de la lumière écrites à six mains, trois scientifiques nous font découvrir leur jardin secret.  Jean Audouze, astrophysicien et président d’honneur de la Commission française auprès de l’UNESCO ; Costel Subran, spécialiste des lasers et président de la Fédération française des sociétés scientifiques et Michel Menu, chef du département recherche et restauration des musées de France.

Trois jardiniers faisant pousser devant nos yeux les couleurs du visible et de l’invisible ?

Ni guide ni manuel, ce livre s’apparente au genre philosophique du dialogue, genre qui imite les discussions orales, afin de permettre aux lecteurs d’approfondir les domaines concernés. Richement illustré par une iconographie et des dessins variés, il donne envie d’en savoir plus.

D’emblée, la finalité de l’ouvrage est annoncée : « associer la science, la culture et la philosophie aux débats sur la lumière ».

Ces trois passeurs nous présentent trois aspects de la lumière : physique, technique et heuristique.

Et si, au fond la Lumière, source de vie, était le personnage central d’une odyssée de la science, des techniques et des arts ? Une allégorie de la Sagesse au XXIème siècle ?

Fiat lux … Dans la première section, « Lumières du ciel », Jean Audouze nous transporte dans le cosmos et les mystères de l’infiniment grand. Après avoir rappelé les principales caractéristiques de la lumière, il nous explique très clairement l’histoire de l’astronomie marquée par quatre étapes : l’invention des lunettes astronomiques au XVII ème siècle ; l’essor de la radio astronomie après 1945 ; les rayons X et gamma à partir des années 60 ; l’observation des ondes gravitationnelles, émises par la fusion de trous noirs en 2015.

Après l’infiniment grand, l’infiniment petit.

Dans la seconde section, « Lumière des lasers », Costel Subran nous montre combien la photonique est devenue la nouvelle science et technologie du XXIème siècle, tant ses applications sont devenues indispensables dans notre civilisation. Comme son ami Jean Audouze, il donne au lecteur des repères historiques très utiles pour comprendre l’essor de cette science récente. En effet, l’invention du laser date de 1960 et va avoir de multiples retombées, d’abord dans le domaine médical, puis dans tous les domaines de la vie quotidienne avec l’invention des codes- barres en 1974, des imprimantes lasers en 1975 ou la première LED bleue en 1994. Sans oublier les transports avec l’aéronautique ou les télécommunications.

Il en ressort que l’économie de la photonique est devenue mondiale. Sans lasers, adieu fibres optiques, éclairages intelligents, smartphones… et couleurs aveugles.

Dans la troisième et dernière section, « Lumière et art », Michel Menu rend hommage aux chercheurs qui nous permettent de mieux comprendre et mieux préserver notre patrimoine culturel. En particulier à l’anthropologue André Leroi-Gourhan et à son concept de « chaîne opératoire » « compris comme une syntaxe organisée d’actions, associant gestes, outils, connaissances ». (p.160) En bref, l’intelligence de la main !

Retour à la matière. L’œuvre d’art n’est pas une image « pure ». Elle est constituée de matériaux.  Essentielle pour élucider les énigmes de certaines toiles ou sculptures, la lumière permet d’étudier les constituants physico-chimiques des tableaux, de caractériser les couleurs, les procédés ou les remords. Elle fournit une méthodologie pour guider les restaurateurs, et tout simplement, l’œil.

En somme, cet ouvrage est comme un jardin à ciel ouvert où l’on a envie de contempler les étoiles, d’apprendre le langage des couleurs des planètes et des nébuleuses, de faire surgir des hologrammes avec des lasers…pour se sentir en osmose avec l’univers.

Jean Audouze, Costel Subran, Michel Menu relient sciences, techniques et art au service de notre bien-être, avec leur regard de passionnés. Et c’est cette passion qui illumine cet ouvrage, au moment où le télescope Hubble prend des clichés des limites extrêmes du cosmos.

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