ART BRUT à Paris: l’Art pour tous à la Bastille.

ART BRUT à Paris: l’Art pour tous à la Bastille.

Dans la lignée des pionniers que furent André Breton et Jean Dubuffet, à leur époque, un siècle plus tôt, le français Bruno Decharme a créé sa collection d’Art Brut. Art Brut? L’expression désigne, à l’origine, d’après le peintre Jean Dubuffet, des dessins, peintures, gouaches, sculptures… échappant aux étiquetages, aux écoles, mouvements et chapelles. Les auteurs sont souvent des autodidactes, parfois des êtres singuliers, ayant des troubles psychiques:

«  Il n’ y a pas plus d’art des fous qu’il n’y a d’art des malades du genou » (Dubuffet)

 

Au mépris des modes, au gré de ses voyages, la collection de Bruno Decharme compte aujourd’hui 3 500 pièces, rend hommage à trois cents artistes du milieu du dix-neuvième siècle à nos jours. Elle rassemble des œuvres de nombreux pays, produites dans hôpitaux , des asiles, des centres psychiatriques ou dans la tourmente des villes. Et elle nous interroge sur nos automatismes. Difficile de définir en effet la créativité. Avec ou sans message, ces productions dénoncent l’illusion que le temps existe, d’autant plus lorsque ces émanations de sensibilités exacerbées qui se traduisent en traces médiumniques.

art-brut-collection-abcd-bruno-decharme_xl

Dates     18/10/2014 – 18/01/2015
Site officiel     La maison rouge

zinelli

L’ANGE DU BIZARRE au Musée Orsay: avons-nous encore le choix du Noir?

L’ANGE DU BIZARRE au Musée Orsay: avons-nous encore le choix du Noir?

 

3abd4209

Franz von Stuck3 L’Ange du Bizarre, « Le romantisme noir de Goya à Max Ernst » (Musée Orsay, jusqu’au 9 juin 2013)

 

Une citation de Victor Hugo, tirée de William Shakespeare, 1864, clôt l’exposition-phare du musée Orsay, consacrée au romantisme noir:

« Celui qui médite vit dans l’obscurité ; celui qui ne médite pas dans l’aveuglement. Nous n’avons que le choix du noir« .

 

Une citation qui remet en perspective toutes les œuvres (peintures, dessins, sculptures, extraits de films) présentées autour de quatre points cardinaux: la naissance du romantisme noir en 1770; l’affranchissement en 1860; les mutations dans l’art symboliste vers 1860; la résurgence d’un désir d’évasion et de mystère avec le mouvement surréaliste en 1920.

En effet, sans des précurseurs comme Goya, Delacroix, puis plus tard les peintres symbolistes comme Spilliaert, des peintres surrréalistes comme Dali ou Max Ernst n’auraient peut-être pas existé…

Sans Hollywood, et les studios Universal qui ont refaçonné les films d’horreur, avec « Dracula » et « Frankenstein », en 1930, qu’en serait-il aujourd’hui du cinéma décalé de Dario Argento, et plus près de nous, de celui de David Lynch, et de Tim Burton?

Sans ces pionniers dans l’exploration des désirs, des rêves et des cauchemars, des groupes de musique tels les mythiques « Joy Division », « The Cure », « Marilyn Manson » n’auraient peut-être pas cultivé autant leur apparence et leur « dark attitude ». Sans oublier la mode et ses extravagances, dans les années 80, avec Thierry Mugler et J. P. Gaultier, dans les années 2000, avec J.C Jitrois. Le fétichisme du cuir et des corsets. Les bijoux indiscrets de Betony Vernon, créatrice d’un paradis artificiel, dans son boudoir.

Toutefois, aujourd’hui, à l’ère des smartphones, des écrans, des puces et des « suceurs » archi-sophistiqués, ne sommes-nous pas en train d’explorer toutes les nuances du blanc, ultra-brillant? Un blanc si éblouissant qu’il réduit à néant les incubes, les succubes et toutes les créatures portées par les ailes de l’imagination humaine.

 

 

Sorcières, mythes et réalités

Rares sont les expositions consacrées à l’Insolite qui mêlent Histoire et imaginaire. Au Musée de la Poste, jusqu’au 31 mars 2012, le visiteur peut découvrir le vrai visage de la Sorcière.

Un visage réel de guérisseuse, déformé par l’inconscient collectif, vérolé par l’Église au XVIIème siècle.

La visite s’articule autour de quatre points cardinaux: l’imaginaire de la sorcellerie dans la peinture et les écrits; la sorcellerie au cinéma;la chasse aux sorcières, et les pratiques magiques dans les campagnes françaises…

L’exposition se termine par le portrait de Madame P., une envoûteuse du XIXème siècle qui vivait dans la Creuse. Après son décès, les villageois ont retrouvé une collection impressionnante de terres cuites à l’effigie du diable. Une collection qui fera frémir le visiteur…le vaudou n’est pas si loin!

Eloge du kimono

PREAMBULE :
ÉLOGE DU KIMONO.(extrait du CATALOGUE de l’exposition: « Mémoires de soie » d’H. Matchavariani/ copyright)

Il est des étoffes de rêve comme il est des portes d’ivoire ou de corne que l’on pousse au plus profond du sommeil ; chaque pli peut dévoiler un pan d’un tableau infernal ou céleste.
Car le kimono aime non seulement celui qui le porte, ailant les omoplates, lissant les obliques, mais il choisit l’acteur de son désir. Il l’anime de son feu doux, moelleux parce qu’il veut lui offrir une seconde naissance, un envol de soie ou de crêpe, une sculpture fibreuse, moins polie que le marbre, moins froide que le métal, mais promise à l’éther, à des galaxies ou des corps qui tournent, enfin orientés, dans la moire de filandières fabuleuses, sans éclats, sans cassures.
Ici-bas, nous tissons cette demeure, ce lieu d’où nous fûmes expulsés avec la vertu des chenilles parfois patientes, parfois téméraires ouvrières.À l’aune de notre mémoire, nul Orient, nul Occident ; ni envers, ni endroit. Nous n’accumulons plus bobines de laines, écheveaux d’or ou d’argent, coupons de brocarts.
Nous sommes le sexe indécis, le jeu des nuages et de la pluie, le yin et le yang, le noir et le blanc, le nouvel homme dans son vrai luxe. Et nous ne cesserons de nommer les parures -splendeurs des civilisations – sans céder aux tentations des voiles et des drapés.
Nous avons écarté tout péché au contact de la peau ondoyée par le kimono, tel un jade violet sculpté dans le chaos des veines, le magma bouillonnant du sang.
Nous regardons car on peut regarder sans avoir peur de ce qui s’offre dans l’échancrure, ce qui se déploie dans le mouvement d’une manche. Nous regardons cette composition qui varie selon les saisons avec le sourire de l’éternel été. Nous touchons la couronne de beauté comme nous avons porté enfants à notre oreille la spirale d’un coquillage.
Cela est. Cela vibre.

%d blogueurs aiment cette page :