Marie Maitre : portrait d’une artiste caméléon.

Marie Maitre : portrait d’une artiste caméléon.

J’ai connu Marie Maitre grâce aux réseaux sociaux. Marie est une artiste trentenaire qui joue avec son image.

1/ Quel est ton parcours artistique ?

2/ Considères-tu que tu appartiens au body art ? Que tu es une performeuse ?

3/ Que penses-tu de l’art contemporain ? de l’art aujourd’hui ?

4/ Quelles sont tes influences ?


5/ Tes couleurs, matières, matériaux de prédilection ?


6/ Comment qualifierais-tu ton univers ?


7/ Tes projets ? Comment tu te projettes dans 5 ans ?


8/ Quels sont tes symboles et tes analogies ? ( un mot pour ce blog)

Bonjour Fabienne, je vais répondre à tes questions.


1) A l’âge de 18 ans j’ai commencé à réaliser des sculptures en terre. Je suis autodidacte .A cette époque ci j’avais exposé au Parc de la Colombière à Dijon, à l’Hôtel de Vogüé à Dijon, à la Chapelle Ziem à Beaune et ma dernière exposition remonte en 2006 au Conseil Régional de Bourgogne.


2) Oui possible que je sois une performeuse et que l’on puisse dire que j’appartiens au body art.


3) Difficile de répondre à cette question. Chaque artiste s’exprime à sa façon alors je n’émettrai pas de jugement .
Il y a certaines choses que j’aime, d’autres que je n’aime pas mais, comme on dit les goûts et les couleurs il y en faut pour tout le monde. 


4) Je n’ai aucune influence. Je crée car je vis pour ça. Impossible de vivre sans créer. J’ai ce besoin permanent. Tout ce que je fais cela vient de mon imaginaire, de mon intérieur et de choses que j’ai vécues.Ce sont en quelque sorte des histoires, des moments de vie et de mon imagination.


5) Je n’ai pas de couleurs préférées. J’aime toutes les couleurs, après la couleur dépend souvent de la qualité du matériel, du vêtement,…


6) Je pense que je le qualifierai comme un univers fantastique.


7) J’adorerais pouvoir exposer mes créations photos. J’ai en projet de réaliser une projection de mes œuvres soit une projection en 3D dans un décor de château sombre, soit une projection simple, ou les 2.. Et de réaliser ma galerie en 3D dans un grand château.


8) Suis- je une analogie ?

voir le site www.artmajeur.com

Science et poésie

Science et poésie

Image Roland Mey

‌‌…sans le S à Corneille, cet oiseau solitaire…

Science, droit dans lémure. 27/01/2021

Fabienne m’offre d’écrire, écrire pour un corps fantôme peut-être ? Alors, je ramène ma science, occulte pourquoi pas, si affinités ? Aussi agréable qu’il puisse être, s’il s’agit bien là du négoce du corps, c’est de celui de mes lettres dont il est ici question et si vous leur trouvez, à terme, mauvais caractères, c’est qu’elles servent dans leurs propos plus souvent la science évite que l’infuse.

La science a son pré carré, où s’entassent les certitudes de ceux qui viennent y certifier les leurs. La poésie a son Prévert, ceint de barrières singulières, à un seul côté, pour un champ libre, sans limites.

Hier, chamanes, mages et enchanteurs, en connaissance de ce qui y était inscrit soignaient, cœur et âme, le corps. Aujourd’hui, dans une lecture induite pour trouver des réponses aux questions qui les imposent, dans un tout où l’infime se doit d’être essentiel, on cherche la petite bête pour soigner la grosse.

Alors mes mots, sans ordonnance, ont décidé de commettre cette lettre de cachet afin de mettre à mal ce qu’on nous dit le soigner. Souvent, dans mes vers, solitaire j’y pose, aux méandres de leur parcours, quelque onguent, comme on laisse des cailloux dans l’espoir d’un retour, ici sur soi, une thérapie qui va de mal en patience, plus alchimique que chimique, plus pierre philosophale que remède de cheval, ces cailloux.

On soigne mon mal de tête sans se soucier de ce qui l’encombre, on supprime la douleur sans en soupçonner la cause, omettant d’instruire pour trouver des indices sur la gêne, là où il n’y a pas de plaisir.        « Ne touche pas à ma migraine, si tu me l’ôtes, ma tête restera celle, en l’ignorant, de son amphitryon, trié sur le volet des souvenirs qui se blottissent dans l’ombre ! » On se préoccupe alors plus de la forme que du fond, plus de ce qui est induit que de ce qui est inscrit, plus du mal que des maux.

Prescription face à ceux qui ramènent leur science pour compléter ce qui leur parait insuffisant, au point d’occuper tout l’espace à en chasser ce qui y était essentiel :pas science et longueur de temps, avant, pendant et après les repas.

Marc JITIAUX testé positif au PCR, Poquelin, Corneille, Racine.

Goncourt 2021 : L’Anomalie, réflexion sur la mort, la science et les techniques.

Goncourt 2021 : L’Anomalie, réflexion sur la mort, la science et les techniques.

Prix Goncourt, le dernier roman d’Hervé Le Tellier, L’Anomalie, est composé comme une fugue, autour d’un vol aérien. Le même avion parti de Paris (Air France 006) à destination de New York, se posera deux fois, à quatre mois d’intervalle. Des destins se croisent. Par exemple Blake, le tueur, Joanna, l’avocate ou Victor Miesel, l’écrivain mondain.

Le terme d’ « anomalie » choisi pour le titre désigne un défaut de logique. La littérature permet de mettre en fiction ce qui échappe à l’observation ou la modélisation. Les mathématiques et les sciences sont convoquées dans la fiction pour expliquer ce défaut devenu une énigme. L’auteur met en scène des scientifiques, en particulier deux prodiges :  » Adrian(…)un très jeune probabiliste » de 20 ans et sa collègue Tina qui « recensent toutes les variables qui peuvent affecter le trafic aérien ». (p.105) Il nous montre les tâtonnements, le quotidien d’une cellule de crise au Pentagone et la perplexité des chercheurs face à l’inexplicable. L’un d’eux explique au Président des U.S.A que notre « réalité est une construction, et même une reconstruction ». (p.165) En éliminant les hypothèses une à une, les chercheurs finissent par avancer celle de « la simulation informatique ». (p.166)

Le roman d’Hervé Le Tellier montre la fin d’une époque où les êtres humains se sentaient pleinement vivants et croyaient pouvoir dominer la Nature avec la technologie. Le souvenir d’Hiroshima et des catastrophes nucléaires n’ont pas été effacés et reviennent dans cette fiction douce-amère sur ce qu’on nomme culture, et même « humanité ».

Sommes-nous des « programmes » ? En tout cas, chaque passager, en étant plongé dans une faille temporelle, est confronté à sa finitude, et à son double. Dans un roman fantastique du XIXème siècle, l’être humain parviendrait à se rendre compte qu’il s’agit d’un automate ou d’un fantôme. Dans un roman de science-fiction contemporain, il se battrait contre un robot ou une Intelligence artificielle.

Ici, c’est plus insidieux et anxiogène, car les techniques informatiques nous font douter de notre réalité même. Sommes-nous des humains ou des anomalies ? Notre devenir nous échappe, ainsi que notre mort. Comme le contrôleur aérien du roman, le lecteur se pose la question du « qui est (aux commandes….) ? » Ou quoi ?

Hervé Le Tellier, L’Anomalie, Paris, Gallimard, 2020, 327 p.

Humeur poétique : la machine à écrire retrouvée de Raymond Beyeler

Humeur poétique : la machine à écrire retrouvée de Raymond Beyeler

À vue, dernier recueil de poèmes en prose de Raymond Beyeler, poursuit l’exploration intérieure du poète Valéry Larbaud (1881-1957), grand voyageur lui-même.

Bipartite, le recueil rend en effet hommage aux « villes », fleurons d’une modernité appréciée (Baltimore) ou recréée (Parme). Le souci de délicatesse explique peut-être le choix de la prose pour rendre plus vivante la matière de ces cités, ainsi que leurs œuvres.

Derrière les « masques singuliers » perce l’angoisse de perdre l’écriture, cette « substance » qui « fait des gestes », « apprend à penser ». À cet égard, mon poème préféré s’intitule « Der verlorene Buchstabe » (La Machine à écrire perdue). Beaucoup plus que l’éloge de l’outil, le poète fait le constat de notre époque où « le verbe n’imprime plus, la ponctuation s’annule ».

Au-delà des poses et des rôles, le poète montre la voie de l’authenticité, celle de la « miséricorde », tandis qu’il tente de « perpétue(r) l’amour des signes ». La seule action de ces témoignages réside dans cette exploration intérieure où la « vue » se convertit en traces. Le poète fait résonner médiation entre les sens et méditation du Beau suprême.

Raymond Beyeler vit et travaille à Paris. Il est aussi comédien et auteur de nombreux recueils de poèmes, la plupart primés.

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