Dispositif RED TEAM : armes, techniques et scénarios du futur…

Dispositif RED TEAM : armes, techniques et scénarios du futur…

Avec le Covid-19, nous avons l’impression que la science-fiction colle de plus en plus à la réalité. Que dire en lisant cette annonce du ministère des Armées ?

En France, le ministère des Armées vient de lancer le dispositif « RED TEAM ». Un projet mûri depuis 2019 dans le Document d’orientation de l’innovation de défense. Cette équipe « rouge »- couleur de la planète Mars – sera composée, de scientifiques, de futurologues et d’écrivains de science-fiction dont certains participeront sous pseudonyme.

Il s’agit d’imaginer un « Blade runner » 2060.

voir https://redteamdefense.org/

Sang neuf, sang artificiel: la fin d’un tabou ?

Sang neuf, sang artificiel: la fin d’un tabou ?

La première transfusion de sang artificiel a été faite en septembre 2011 par un médecin français, le Pr Luc DOUAY. (ancien chef de service du labo d’hémato de Saint Antoine.) Il a utilisé des cellules souches prélevées dans la moelle osseuse ou dans le sang du cordon ombilical. Actuellement, on parle beaucoup du covid 19 et des virus, mais l’hématologie, science du sang reste un domaine médical lourd de sous-entendus et d’ambivalences.

Une des raisons que j’invoquerai est la prégnance d’un imaginaire très fort, marqué religieusement et culturellement depuis la Préhistoire et l’Antiquité.

Historiquement, il aura fallu attendre le XVII ème siècle, 1623, pour connaître le schéma de la circulation du sang du cœur vers les organes grâce au médecin anglais William Harvey, et le XX ème siècle pour savoir transfuser le sang humain sans danger…

Toutefois, au XXième siècle, le sang reste un matériau vivant, complexe. Avec la biologie moléculaire, l’hématologie a franchi d’autres portes, d’autres seuils. Nous connaissons mieux aujourd’hui les maladies héréditaires du sang comme l’hémophilie ou la porphyrie. Le brillantissime thriller de Franck Thilliez, auteur consacré du genre, intitulé Sharko (Paris, éditions Le Fleuve, 2013) revivifie le mythe du vampire grâce à l’apport de connaissances scientifiques sur le sang. Il a interrogé plusieurs chercheurs pour imaginer son serial-killer, Nosferatu, victime d’une maladie contractée en Nouvelle-Guinée : « Il était devenu un être au visage déformé, mi-homme, mi-vampire, atteint d’un mal caché, mortel, dans ses gènes, qu’on ne pouvait plus soigner qu’à coups d’innocents et d’injections de sang ». Dans une postface, il insiste sur le fait que ce qui est « décrit autour du sang – son histoire, ses maladies,le circuit du don… est vrai ».

A rebours de l’image des savants fous, omniprésente dans la science-fiction, l’image du savant valorise la narration du roman policier, le cautionne en lui donnant plus d’épaisseur et en même temps de relief dramatique. La réalité est pire que le mythe de Dracula… Mythe immémorial, le sang dans la fiction reflète nos préoccupations dans le domaine de la santé et de l’identité.

voir l’émission https://allodocteurs.fr/actualite
La science nous émeut : Les Rhinolophes de Céline Maltère

La science nous émeut : Les Rhinolophes de Céline Maltère

Un livre-objet

Pour cette nouvelle rubrique de mon blog, j’ai demandé à un(e) auteur(e) de me parler de son rapport à la science et de son rôle dans la construction de son imaginaire.

Je commence par mon amie Céline Maltère, professeure de lettres classiques le jour et romancière la nuit.

Céline a construit un univers médiéval et gothique autour d’une reine, Kationa qui rappelle les figures historiques d’Elisabeth Bathory, de Catherine II de Russie ou le personnage de Cersei Lannister dans la saga Le Trône de fer, écrite par J.R Martin. Cette reine a un royaume « dédié uniquement aux femmes, ainsi que (s)a couche et (s)es désirs ».

Dans ce nouvel opus, Les Rhinolophes, qui vient de paraître aux éditions Les deux crânes, une femme envoie des lettres d’amour par des des « rhinolophes », des chauve-souris qu’elle a dressées à la reine Kationa. Ces animaux « à visage de cochon « existent et lui ont donné l’idée de les utiliser comme messagers. Céline s’intéresse aux sciences naturelles car elle trouve que la nature en elle-même est fantastique.

Pour elle, la science s’apparente à la magie. Aussi, dans un précédent roman, La Science des folles, la savante dite Katia Trismégiste ( écho à Hermès Trismégiste) est une femme qui fait des recherches pour satisfaire ses besoins personnels, sa quête narcissique de beauté et de jouvence.

Dans son œuvre, la figure du savant est souvent féminine. Si elle reprend l’image du savant fou, ce n’est pas pour ridiculiser la science ou la rabaisser, Céline Maltère s’interroge sur l’éthique au cœur de ces recherches aux frontières de l’inhumain. Simplement pour elle, le Beau reste toujours lié au Bizarre. A l’image de ses chauve-souris, inspiratrices de ce recueil de lettres d’amour et d’exil, « drôles d’anges et messagers ».

Magie des mots…

Céline met en images la science, nous faisant partager ses battements de cœur… Ou plutôt ses battements d’ailes vers le royaume d’Othilie, royaume d’une science cachée, l’alchimie omniprésente dans ses textes.

L’histoire d’une conquête amoureuse magnifiquement illustrée par son complice Jean-Paul Verstraeten. Écho de ses préférences amoureuses ?

Traquer la vie hors de la Terre

Traquer la vie hors de la Terre

Exoplanètes.

A voir ! Conférence diffusée en direct le 13 nov. 2020.

Ils traquent les exoplanètes, la formation des bactéries extraterrestres, poussent la notion de « vie » dans ses retranchements. On les imagine penchés sur des relevés de données obscures, recherchant la moindre variation de luminosité, analysant un pixel sur une image satellite… Mais on les retrouve parfois au sommet des Andes, pour des plongées extrêmes afin de se rapprocher des conditions sur Mars. Rencontres avec ces chercheurs passionnants, rêveurs de l’extrême tous animés d’une même certitude : la vie existe, hors de la Terre.

Nathalie Cabrol, directrice du Centre Carl Sagan pour l’étude de la vie dans l’univers au sein de l’institut Seti, astrobiologiste, plongeuse « de l’extrême », spécialiste de la recherche de la vie sur Mars et du changement climatique – en visioconférence avec Roland Lehoucq, astrophysicien au département d’astrophysique du CEA de Saclay, président des Utopiales, le festival international de science-fiction de Nantes , Franck Selsis, chercheur CNRS au laboratoire d’astrophysique de Bordeaux.

Modérateur : Guillaume Grallet, rédacteur en chef Tech, Sciences et Santé au Point

Voir sur : ☞ Youtube : https://www.youtube.com/c/lepoint/ ☞ Facebook : https://www.facebook.com/lepoint.fr/

Richard Canal : UPSIDE DOWN,  I.A ou ART,  de quoi doit-on avoir le plus peur ?

Richard Canal : UPSIDE DOWN, I.A ou ART, de quoi doit-on avoir le plus peur ?

UPSIDE DOWN de RICHARD CANAL, éditions MNEMOS, 2020, 360 p., 22 euros.

(www. mnemos.com)

Dystopie de notre XXIème siècle marqué par les GAFA, les controverses socioscientifiques, la défiance envers les gouvernements, UPSIDE DOWN est une somme romanesque mêlant histoire, politique, philosophie… et science-fiction.

Le monde d’en haut, Up above est dirigé par des Familles, des hyperriches dont le puissant Bill Gates V, réfugié sur son « atoll » avec son épouse et sa fille, clone de l’actrice Maggie Cheung et elle-même actrice. En bas, Down below, sur une terre dévastée, polluée, surpeuplée, vivent les déshérités.

Si le monde d’en haut a été façonné par des intelligences artificielles, il reste à souligner qu’il s’agit de science-fiction. Docteur en informatique, Richard Canal fait allusion aux récents progrès dans ce domaine en les exagérant à un apprentissage profond, à un véritable pilotage des existences humaines via les data et des Intelligences Artificielles ultra complexes et sophistiquées. Il s’agit d’un raisonnement analogique, poétique plus que scientifique. Comme l’explique Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en intelligence artificielle, dans Le Mythe de la singularité : faut-il craindre l’intelligence artificielle ? ( Le Seuil, 2017), une machine plus performante n’est pas une machine plus intelligente que l’homme.

L’auteur nous montre les dangers liés aux I.A plutôt d’ordre comportemental et cognitif : la paresse, le déni de la réalité, la perte de créativité. Ainsi Luke, le policier désabusé du roman se fait le porte-parole de Guy Debord cité par l’auteur lui-même quand il dénonce le recyclage permanent des images, des films et des œuvres en permanence.

Dans cette fresque scintillent deux points lumineux : le couple de musiciens,  KIm, la fille aux cheveux bleu Klein et Ferris, le compositeur génial adulé par les pauvres et courtisé par les riches. Ces vrais artistes qui essaient de capter les sons et émotions de leur univers pour faire la révolution sont les héros et les porteurs d’espoir d’une humanité en perdition.

Par la force de leur musique, ils éveillent l’instinct de vie et la force de réinventer une histoire, ce qui fait peur aux gouvernants d’Up Above, accrochés à leurs privilèges, préférant l’artifice de leur caverne à la réalité organique:

« Derrière le gémissement du vent, une musique est en train de naître… ».( P. 306)